Josy Institut

Josy Institut

Diane s’approcha de la table, défit sa serviette et s’allongea sur le ventre comme la jeune fille le lui avait demandé. Un peu tendue de montrer son corps caché par cette petite pièce de papier triangulaire, elle chercha à se convaincre qu’elle était la cinquantième personne de la journée à s’allonger sur cette table et que son corps n’était considéré que comme un énième objet de manipulation. Objet un peu flasque, même si elle tentait de le raffermir avec des séances d’aquagym.

La jeune fille actionna le variateur de lumière et l’enceinte bluetooth. Une musique relaxante tout ce qu’il y avait de plus kitch retentit à bas volume. Diane n’arrivait toujours pas à se détendre. Elle écoutait les allers-venues de la jeune fille qui préparait ses décoctions. Elle l’entendit ouvrir des placards, faire rouler des tiroirs et soupirer. Puis elle l’entendit sortir et crier « Josy, vous pouvez m’apporter un flacon de crème anti-âge ? Je ne suis pas sûre d’en avoir assez ! » Petite peste.

Une fois tous les ingrédients rassemblés, mélangés et répartis sur la tablette roulante (et grinçante), la jeune fille s’approcha de Diane et prit une voix douce pour lui expliquer qu’elle allait commencer le soin et qu’elle devait se relaxer et ne plus penser à rien. N’importe quoi. Ne penser à rien. Il n’y a que les morts qui ne pensent plus. Bon, ne plus faire de mauvais esprit et apprécier le moment de détente. Elle avait été très heureuse de recevoir ce cadeau de son amie Antoinette. Celle-ci avait été presque choquée d’apprendre que Diane n’avait jamais réalisé de massage ou de soin du visage. D’après elle, une fois qu’elle aurait essayé, elle ne prendrait un abonnement mensuel. Au moins !

La jeune fille avait commencé par les épaules. Elle augmentait à présent la pression de ses mains et malaxait la peau qui roulait sous ses paumes. Ce n’était pas désagréable. Les gestes se prolongeaient dans le dos et ça devenait agréable. Elle commença à se détendre. Elle se crispa à peine lorsque ses fesses devinrent l’objet des palpations, mais ressentit un petit soulagement lorsque les mains s’éloignèrent le long des cuisses puis des mollets et enfin les pieds. Elle était maintenant tout à fait détendue.

« Vous avez la peau drôlement douce. Vous faites régulièrement des soins ? « murmura la jeune fille?

« Euh, non, mais j’utilise des crèmes hydratantes tous les jours. J’ai la peau tellement sèche ! »

Elle se sentait bête tout à coup. Comme à chaque fois qu’on lui faisait un compliment. Elle était néanmoins heureuse que quelqu’un enfin reconnaisse les vertus de sa peau. Elle y consacrait suffisamment d’efforts.

« Retournez-vous sur dos s’il vous plaît madame. »

Ah zut, elle était bien et voilà qu’il fallait de nouveau solliciter les muscles qui s’étaient relâchés.

Un rapide coup d’œil au triangle de papier qui ne couvrait décidément pas grand chose. Deuxième rapide coup d’œil à la jeune fille qui n’y prêtait pas du tout attention, concentrée sur les crèmes et huiles présentes sur la tablette.

Elle fut surprise de sentir les doigts agripper sa tête et la décoiffer. Mais à nouveau la sensation procurée lui fit oublier ces légers désagréments. Les épaules, un bras, les doigts de la main, puis de l’autre côté… Diane ne pouvait s’empêcher d’anticiper les gestes à venir. Elle décida de cesser et se laisser porter par les sensations nouvelles. Elle remarqua cependant le soin que la jeune fille adoptait pour rester constamment en contact avec une partie de son corps. Par exemple, elle venait de reposer la main et allait entamer une nouvelle série de massages, elle effleurait donc les cuisses et le ventre de Diane pour remonter jusqu’à ses seins. Ouh ! Elle ne l’avait pas vue venir jusque là. La jeune fille versa de l’huile tiède et repartit le liquide sur les seins en cercles concentriques de moins en moins larges, pour finir par agripper les mamelons et les faire durcir. Diane oscillait entre plaisir et gêne. Elle était très sensible des seins.

C’était elle ou la jeune fille respirait un peu plus fort ? C’était peut-être par l’effort puisqu’elle s’était maintenant attaquée à de larges mouvements sur son ventre qui redescendaient jusqu’au cuisses. Imperceptiblement, les mains écartaient les cuisses à chaque passage. Et… mais à force de recentrer les mouvements, elle avait cru sentir un doigt effleurer ce que le triangle de papier peinait à recouvrir. Oui, oui, ça venait de le faire de nouveau. Diane ouvrit les yeux et capta un sourire en coin sur le visage de la jeune fille qui ne la regardait pourtant pas. Se pourrait-il que ? Et après ? Elle était à la fois apeurée et amusée. Par jeu, elle se laissa faire pour voir jusqu’où la jeune fille se permettrait d’aller. Quand elle raconterait ça à Antoinette ! Ah mais oui, Antoinette ! Oh la vilaine, elle l’avait fait exprès ! Elle l’avait envoyée dans un institut peu orthodoxe ! Elle lui avait joué un tour pour la choquer, la petite bourgeoise coincée. Et bien, tu vas voir la petite bourgeoise va peut-être bien s’encanailler chère Antoinette. Diane était maintenant tout à fait décidée à se laisser faire… jusque dans la limite de l’acceptable. Pour l’instant elle ne savait pas où se situait la limite. La nouvelle limite.

Plus que se laisser faire, Diane écarta d’elle-même un peu plus les cuisses à chaque passage et se surprit à respirer un peu plus vite. La jeune fille avait elle-même calé sa respiration sur la sienne. Tout son corps accompagnait les mouvements de massages qui réduisaient leur périmètre du bas ventre au haut des cuisses. Parfois les mains s’échappaient le long des mollets, pour mieux revenir lui caresser le pubis. Parce qu’on en était là. Un petit doigt s’enhardit entre les lèvres. Diane ne put réprimer un soupir. Elle se cambra même légèrement. La jeune fille se penchait de plus en plus vers son ventre. Allait-elle… Diane s’affola. A nouveau elle était partagée entre crainte et défi. Elle attendait qu’un doigt prenne une nouvelle fois un détour du chemin cuisse-pubis-ventre. Elle tenta même un léger mouvement du bassin pour provoquer l’accident. Mais les doigts restèrent solidaires encore une fois. Et tous ensemble, ils s’éloignèrent sur les mollets, les pieds. Les caresses se firent plus légères, affleurantes. Et les mains perdirent le contact de sa peau pour retrouver la tablette grinçante qui regagna sa place près du meuble du lavabo. L’eau coula, la jeune fille se lavait les mains en chantonnant.

« Vous pouvez rester encore quelques minutes pour prolonger la détente.  » Lui murmura-telle à l’oreille avec un clin d’œil.

Et elle quitta la pièce.

Diane ne savait plus quoi penser. Elle était déçue et soulagée à la fois, avec un légère pointe d’agacement à laquelle s’ajoutait une bonne dose de honte. Elle descendit lentement de la table, se débarrassa de ce qui restait du string jetable et se recouvrit de la serviette qui avait été déposée sur un radiateur. Elle rejoignit sa cabine pour se changer, mécaniquement. Elle repassa devant l’accueil sans un regard pour les employées, toute attentionnée qu’elle était à guetter le taxi imaginaire qui devait venir la récupérer.

« Désolée Coralie, ce n’est pas avec elle que vous aurez un pourboire. Sale bourgeoise !

– Ne vous inquiétez pas Josy, je me suis bien amusée avec elle, pas besoin de pourboire. »

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